association sauvegarde et entretien du patrimoine d'Eréac
Patrimoine Eréac
texte de Yves Marie Rouat, ancien professeur d'histoire et historien local
L'église Saint Pierre et St Paul fait partie des très nombreuses églises construites au 19ème siècle et qui ont remplacé les édifices souvent vétustes et trop exigus pour accueillir les fidèles à une époque de fort essor démographique rural. Ces nouvelles constructions furent aussipour l'église une façon d'affirmer sa vitalité. Sur le plan artistique, elles ne sont pour la plupart que de désolants pastiches , souvent de style néogothique, sans originalité ni "grand art".
L'église d'Eréac n'échappe sans doute pas totalement aux poncifs de l'époque mais du moins tire-t-elle plutôt assez bien son épingle du jeu . Construite de 1900 à 1904 sur les plas de l'architecte diocésain J.Morvan par l'entreprise Chevalier de Dinan , elle est du style néoroman, en forme de croix latine . Avec sa haute nef, ses deux bas côtés aux toits abaissés, ses deux chapelles latérales et son clocher qui surmonte le porche , (flanqué d'une tourelle a pans coupés qui abrite l'escalier),l'édifice garde de belles proportions dont les lignes sont soulignées par le jeu des couleur de pierre, grise aux angles, plus claire pour les murs.
on peut regretter que les éléments architecturaux de l'ancienne église qui était située à quelque dizaines de mètres en avant , et que de vieilles photos permettent de dater du XVèm siècle (porte gothique avec archivolte à crochets, flanquée de pilastres couronnés de pinacles à fleurons) n'aient été reemployés dans le nouvel édifice

on peut toutefois remarquer dans le mur d'enceinte de la nouvelle église , deux pièces sculptées incorporées qui en proviennent:



une statue de "Sainte Anne trinitaire
ainsi appelle-t-on ces curieux groupes représentant le trio : Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant. En bois polychrome datée du XVème siécle , rénovée en 1978, elle est inscrite aux monuments historiques et provient de la chapelle du Châtelier.
on sait combien le culte de sainte Anne est répandu en Bretagne ....et le prénom d'Anne trés porté chez nous . rarement représentée seule , Anne est le plus souvent figurée accompagnée de la Vierge Marie à laquelle elle apprend à lire et qui tient alors un livre , d'où le nom alors donné de "Sainte Anne éducatrice".
Les figurations trinitaires sont relativement fréquentes mais ne sont pas spécifiques à la Bretagne ni même à la France et on en trouve en nombre dans d'autres pays d'Europe .
l'obligation pour le sculpteur de figurer trois générations peut donner des résultats curieux, parfois sans rapport avec les contingences de la nature: Anne tenant sur un bras Marie qui porte elle-même sur son bras l'Enfant Jesus! On voit ici que cet aspect générationnel est apporté par le decrescendo des personnages, que Marie est assise sur un genou de sa mère et que ses pieds ne touchent pas le sol et qu'elle porte un voile alors qu'Anne porte une guimpe plus sévère.... ( statue classée MH titre d'objet le 01/12/1971)

datée des 14 et 15ème siécles elle est souvent présentée comme la Vierge à l'Enfant, sans absolue certuitude. L'Enfant -dont on constatera le curieux bonnet! -tient un livre ouvert , aussi pouvons-nous tout aussi bien nous trouver ici en présence d'une Sainte Anne éducatrice. Son socle porte des armoiries, difficilement lisibles mais qui ont été interprétées coimme étant celles des seigneurs de Coëtbicor qui auraient pu l'offrir à l'église dans laquelle ils avaient leurs sépultures . Elle pourrait aussi provenir de leur chapelle privative aujourd'hui disparue. Elle Ornait une niche située au dessus du porche de l'ancienne église et après un séjour d'une soixantaine d'années dans le jardin du presbytère, elle a retrouvé place dans l'église paroissiale
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Bois polychrome, autrefois dans la chapelle du même nom, cette vierge à l'enfant fut dérobée puis récupérée en Belgique. Restaurée.

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D'abord au centre de la place ( inauguré en 1921) , le monument "aux morts pour la patrie" a trouvé sa nouvelle place le 19 mars 2011 . La statue du "poilu" , en kersantite , est due à jean Marie Coulombel de Langourla à qui l'on doit aussi plusieurs monuments des environs ( Plessala, Mauron, le Gouray...)
grâce au travail de Claude Duval ( originaire d'Eréac) qui a mis le résultat de ses recherches généalogiques sur le site MémorialGen Web, nous invitons les visiteurs de notre site à cliquer sur
et même sur le lien des "canadiens" morts sur notre commune :
et vous serez surpris d'avoir une foule de renseignements sur tous les compatriotes d'Eréac, morts pour la France.
N'hésitez pas à cliquer de nouveau sur un nom qui vous interesserait et vous aurez une fiche individuelle renseignée au mieux sur chaque personne ( etat civil, unité, grade, lieu et date du décés etc...)
face à l'église , à droite de la routede broons, "le Manoir des frêches" (17ème siecle) dite aussi Maison Pilorget du nom d'un ancien proprietaire . Sur le mur du pignon des colonettes encastrées en triangle encadrent une sculpture fruste d'un personnage avec baton dressé (?). Jusqu'aux années 1970 cet établissement a abrité une station de remonte de chevaux dépendant des haras de Lamballe .
A l'opposé de la rue , une autre maison , dite "maison Douard" attire l'attention par son aspect massif et austère , sa porte voutée, ses fenêtres étroites à linteaux sculptés d'accolades. la pierre de base de l'une de celles-ci présente un écusson qui a la particularité d'être présenté pointe en haut. Pierre de réemploi sans doute, mais au moyen age, ce "renversement des armes" se faisait dans deux occasions: lors de la mort du chevalier, on portait à ses obsèques son écu tête en bas, indiquant qu'il était mort à la chevalerie terrestre......mais aussi lorsqu'il était accusé d'avoir forfait à l'honneur, signe alors d'exclusion de la chevalerie. Ici le mystère demeure . Une tradition prétend que cette demeure servit un temps de prison .
texte de Yves Marie Rouat, ancien professeur d'histoire et historien local